Analyse
L'international des feux Loto-Québec
États-Unis 2026 - Retour sur la soirée et analyse du feu de Pyro Spectaculars







Frédérick Bastien
Collaborator
26 Juillet 2026 - La Ronde
Après deux premières participations au Concours international d’art pyrotechnique de Montréal en 2001, puis en 2007 (Jupiter de bronze), Pyro Spectaculars by Souza avait fait un troisième feu en compétition en 2025. À la différence des 15 premières années de l’événement, il est maintenant très rare qu’une même entreprise soit invitée à concourir deux années consécutives (le dernier cas est la firme suisse Bugano qui compétitionna en 1999 et 2000).
Il est donc intéressant de comparer ce spectacle-ci sur des musiques de Broadway à celui de l’an dernier, axé sur le heavy métal. Bien que les amateurs de métal soient nombreux, le thème des comédies musicales rejoint certainement un public plus large, surtout que la bande sonore constituée de 17 titres ratissait assez large. Ensuite, à la différence du spectacle très aérien de l’an dernier, celui-ci combinait mieux des effets pyrotechniques à diverses altitudes et faisait un meilleur usage de l’espace disponible. Enfin, d’une manière générale, la dimension pyrotechnique de cette production épousait mieux le volet musical.
Sur le plan pyrotechnique, justement, il y avait un bel assortiment de pièces, notamment plusieurs de style « laser » (à ne pas confondre avec les rayons qui entrent en action à la mi-temps de chaque spectacle), dont la luminosité cesse soudainement plutôt que graduellement, et d’autres dont les étoiles étaient particulièrement éblouissantes (en particulier dans le tableau d’ouverture). Très communes certaines années, les soucoupes à double ascension ont fait leur première envolée cette saison. La synchronisation de ce déploiement pyrotechnique a été excellente tout au long du feu. Par exemple, l’emploi de bombes de photo-flashs sur les « go-go-go-go-go… » de Greased Lightning était un très bon choix.
Le feu a cependant souffert de répétitions. Ainsi, les gâteaux qui propulsaient des étoiles ou des comètes en « V » se chevauchant sur toute la largeur de la zone de tir, spectaculaires, ont été vus à plusieurs reprises. L’insistance sur les couleurs patriotiques bleu, blanc et rouge a été manifeste sur deux tableaux plutôt qu’un (America et What You Own). En outre, le rythme endiablé et les nombreux crescendos ont aussi été omniprésents, écartant les moments plus sereins qui peuvent donner lieu à l’emploi d’autres types de pièces et d’autres patrons de tir. D’ailleurs, dans l’avant-dernier tableau, les bruyants craquelins et les explosions ne concordaient pas avec la sobriété de Summertime.
Mais surtout, ce feu a souffert de quelques anomalies. Dès la seconde chanson, quelques bombes ont explosé avant de prendre leur ascension, provoquant vraisemblablement le petit incendie devenu visible quelques instants plus tard vers le centre-gauche de la troisième rampe, provoquant la mise à feu prématurée de certaines pièces et occasionnant des ruptures de continuité dans les tableaux suivants. Aussi, certaines des roues verticales qui avaient été assemblées (dont la principale au centre de la zone de tir) n’ont pas tourné lorsqu’elles s’illuminèrent sur la musique de Dead Outlaw.
Avec une bande sonore à la conception assez standard et centrée sur les comédies musicales, un thème souvent exploré dans les spectacles pyromusicaux (le dernier cas était le feu de Sugyp de la Suisse l’an dernier), Pyro Spectaculars by Souza a opté pour une approche conservatrice qui ne sortait pas des sentiers battus. Avec une conception qui exploitait mieux la configuration du site que l’an dernier, c’est un choix qui a probablement bien servi ce concurrent à certains égards, en dépit des ennuis techniques. Je doute cependant que cela permette à l’entreprise américaine de remporter un second Jupiter, surtout qu’un dernier concurrent demeure en lice.
Fred