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Analyse

L'international des feux Loto-Québec

Retour sur la soirée et analyse du feu d'ouverture 2026 par GFA

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Frédérick Bastien

Collaborator

2 Juillet 2026 - La Ronde

Les orages et les vents qui ont balayé la région de Montréal entre 19h30 et 21h00 mis à part, cette soirée anniversaire marquant l’ouverture de la 40e édition du Concours international d’art pyrotechnique de Montréal était fort intéressante. En plus de retracer à grands traits l’évolution de l’événement et de mettre en feu une bande sonore inspirée par les pièces de prédilection des concepteurs qui se sont succédé au fil des décennies, ce spectacle constituait ce qu’un tel concours devrait être (et encore davantage pour des feux hors-compétition) : un laboratoire, un espace d’innovation où l’on accepte une part de risque un peu plus importante.

Il s’agissait du quatrième spectacle ayant pour objet, en tout ou en partie, l’histoire de ce concours après les feux d’ouverture de la 15e saison (1999) et de la 20e cuvée (2004), puis du feu de clôture de la 25e édition (2009). Cette nouvelle itération était probablement la plus ambitieuse et le plus intéressante. Mais elle était aussi amenée d’une manière extrêmement appropriée.

En effet, la production principale a été précédée d’un « pré-spectacle » de 6 minutes 30 secondes projeté sur un écran d’eau, sans pyrotechnie, débutant par un défilement rapide des nombres 1985 à 2026 et terminant par la phrase légendaire « Que tombe la nuit, que la fête commence ». Avec une narration principalement livrée par Michel Lacroix, maître de cérémonie de l’événement depuis la fin des années 1980, ce récit situe l’origine de ce concours dans l’héritage d’Expo 67 et présente la vision de ses fondateurs. Il met de l’avant les personnes qui ont propulsé l’événement en lui consacrant une grande part de leur vie (nommément Giovanni Panzera, Paul Csukassy et Martyne Gagnon) et retrace l’évolution technologique observée au fil de ces quatre décennies, mais insiste sur un élément présenté comme rassembleur et universel : l’émerveillement occasionné par le feu.

Dans un enchaînement presque parfait – le décompte a semblé mal synchronisé occasionnant un ralentissement de son énonciation par Michel Lacroix et l’extinction des lumières de la Grande Roue demeure à ajuster – nous avons glissé vers le spectacle principal. Le titre, annoncé par La Ronde comme étant « On fête nos 40 ans », a plutôt été reformulé « 40 ans de musique ». Il fallut toutefois patienter quelques minutes de plus que prévu : on pouvait voir des personnes s’activer sur la portion droite de la 3e rampe autour de 22 heures.

Rapidement, il a été possible de constater que le travail tardif des artificiers n’allait pas permettre de présenter l’intégralité du spectacle. Plusieurs postes de tir situés sur cette portion droite de la rampe flottante sont demeurés inactifs, occasionnant une asymétrie majeure pendant tout le spectacle, écourtant de moitié la poursuite en filature sur la musique de James Bond et limitant peut-être le nombre de bombes nautiques au moment où le Boléro atteignait son paroxysme. De plus, le système d’éclairage n’a pas fait voir beaucoup de faisceaux lumineux et ce qu’il a produit aurait sensiblement pu être reproduit avec des fusées éclairantes. Cela dit, il était pertinent d’essayer cette approche

dans un contexte où l’on semble chercher davantage à combiner la pyrotechnie à d’autres types de média.

Une force de ce feu auto-référentiel a été la mise de l’avant, pendant tout le spectacle, d’une bande sonore constituée de musiques souvent entendues dans l’histoire de l’événement. Les tableaux sur Conquest of Paradise, Riverdance, le Boléro et O Fortuna (Carmina Burana) avaient l’allure de retrouvailles avec des amitiés que l’on croyait perdues, alors que les choix musicaux contemporains sont très orientés vers les productions populaires du moment. Les enchaînements étaient efficaces et les dernières pièces ont créé un beau crescendo culminant avec « The Show Must Go On » (Queen). Les couleurs, les formes et les schémas de tir s’arrimaient généralement bien à cette bande musicale, bien qu’avec quelques relâchements où les liens étaient un peu moins clairs. Sans les problèmes techniques survenus sur la troisième rampe, nous aurions pu écrire que la conception prenait bien en compte la configuration du site pour en exploiter plusieurs possibilités.

Pendant une soirée, cette production aura permis d’occulter les nombreux défis auxquels cette compétition est confrontée. La nuit continuera de tomber. Espérons que la fête se poursuivra.


Frédérick Bastien

* is an independent news outlet, which has no affiliation with Six Flags / L'IFLQ / La Ronde

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