Analyse
L'international des feux Loto-Québec
Retour sur la soirée et analyse du feu de la Hongrie 2026 par Nuvu Kft







Frédérick Bastien
Collaborateur
9 juillet 2026 - La Ronde
Hongrie 2026
Pour cette deuxième participation au concours de Montréal, l’équipe hongroise NUVU Pyrotechnic avait préparé un spectacle assez différent de celui offert lors de sa première visite en 2022. Il y a quatre ans, la thématique mise de l’avant (principalement une célébration de la culture hongroise) était explicite et le ton versait dans l’amusement. Cette fois-ci, la « montagne russe d’émotions » constituait un thème subtil et l’approche se voulait un peu plus dramatique.
Selon les explications fournies en entrevue à Mtlpyromedia et résumée par la voix hors-champ de Michel Lacroix juste avant la mise à feu, le concept consistait à entraîner le public dans une succession de hauts et de bas émotionnels à travers la sélection musicale : les rêves, la joie et l’ambition, mais aussi les chagrins d’amour, la solitude et la lutte contre la maladie, en particulier les cancers pédiatriques (« We’re Not Gonna Take It »). Sans ces explications préalables, la thématique eut été difficile à détecter. Avec un tel titre, l’environnement forain de l’événement et le ton plutôt amusant du feu de NUVU en 2022, nous pouvions imaginer une bande sonore enrichie de certaines références à l’univers des manèges (le cliquetis caractéristique de l’ascension d’un train ou son vrombissement à la descente).
La bande sonore de sept chansons – dont une version bilingue de « Total Eclipse of the Heart » (« Turn round ») interprétée en partie par Bonnie Tyler, décédée quelques heures avant le spectacle – et une pièce instrumentale – cette dernière réservée au segment laser de deux minutes – semblait toutefois assez variée pour répondre aux goûts d’un auditoire diversifié. Dans l’ensemble, la synchronisation a été excellente et soutenue, à l’exception du début et de la fin de quelques tableaux, notamment un délai de plus de 10 secondes entre le commencement de la chanson de k-pop « Golden » et les premières pièces pyrotechniques de ce segment.
La qualité des pièces pyrotechniques a constitué un point fort de ce spectacle. En particulier, la palette chromatique était très large, notamment sur « A Million Dreams » qui incluait des produits rosés, d’autres aux divers tons de bleu et d’aqua, et deux éventails de mines d’un orange très vif. De nombreuses autres mines et plusieurs bombes arboraient trois à quatre changements de couleurs. La conception technique a mis à profit les cinq rampes de lancement, mais aucun produit nautique n’a été vu. Aussi, sur « Jump », les effets pyrotechniques lancés à partir de la tour érigée au centre de la seconde rampe, notamment un dispositif de tir à 360 degrés, auraient été mieux mis en valeur s’ils n’avaient pas été lancés en même temps que d’autres pièces. Un certain nombre d’asymétries et quelques pièces pyrotechniques apparaissant au mauvais moment ont pu être observées. Ces lacunes étaient toutefois mineures et bien moindre que ce que nous pouvions craindre après autant d’heures de pluie.
En effet, le feu hongrois est survenu lors de la soirée de feux la plus pluvieuse depuis un long moment à La Ronde. Une pluie continue, parfois forte, avec peu de vents mais exempte d’orage. Heureusement, l’intensité des précipitations a diminué juste avant le début du spectacle et le vent, qui soufflait vers le pont Jacques-Cartier et le Vieux-Port de Montréal, était juste assez fort pour assurer une bonne visibilité aux spectateurs qui étions à La Ronde.
À ce premier feu en compétition, la projection sur écran d’eau consacrée à l’histoire de l’événement débuta à 22h00, moment où les lumières du pont Jacques-Cartier s’éteignirent en séquence comme si le décompte avait lieu. L’écran d’eau manquait un peu de hauteur et la tête des personnes apparaissant sur certaines images était tronquée. Cette projection se termina par une iconographie consacrée au pays en compétition. Le protocole post-feu tarda cependant à se mettre en branle : une fois la dernière pièce musicale et le feu terminés, il fallut une trentaine de secondes avant que les lumières ne s’allument et que le message rappelant l’identité des concurrents ne s’amorce. La confusion a été d’autant plus grande que l’on commença à entendre, par erreur, une autre musique pendant une fraction de seconde. Présumons que les ajustements nécessaires auront lieu pour le prochain spectacle ce dimanche.
Frédérick Bastien