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Analyse

L'international des feux Loto-Québec

Retour sur la soirée et analyse du feu de la Chine 2026 par Sunny Fireworks

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Frédérick Bastien

Collaborateur

16 Juillet 2026 - La Ronde

Parmi les concurrents de cette 40e édition de l’International des Feux Loto-Québec, Sunny International est l’un des deux seuls à avoir remporté un Jupiter d’or. En fait, cette firme chinoise avait mis la main sur un Jupiter de chacune des couleurs au cours de ses six participations précédentes : l’or en 1992, l’argent en 1993 et le bronze lors de sa plus récente présence, en 2008. Il est possible qu’elle atteigne à nouveau le podium, mais c’est encore loin d’être certain.


Sous un ciel parfaitement dégagé, le spectacle a débuté avec un extrait du Concerto pour piano de la Rivière Jaune, une œuvre importante du répertoire musical chinois. Sunny lui avait d’ailleurs consacré son quatrième feu montréalais, « Symphonie de la Rivière Jaune » en 1996. Le déploiement pyrotechnique a pris une grande envergure dès les premières notes de ce concerto.


La première partie d’une narration poétique, interprétée par un artiste québécois, a suivi (une deuxième a précédé l’avant-dernier tableau) alors que quelques pièces stroboscopiques scintillaient le long de la zone de tir. Si le titre du feu, « Un monde, une infinité d’étincelles », était très vague, cette narration désignait de façon métaphorique le Concours international d’art pyrotechnique de Montréal, de même que son environnement géographique, social et culturel (le fleuve, la ville, le parc d’amusement, la langue française, les canons, le ciel et la lumière…). En entrevue avec Mtlpyromedia, le concepteur avait expliqué (en présumant de l’exactitude de la traduction) que la bande sonore allait relater de façon chronologique ces 40 ans. Sur la base de ces données, il est un peu difficile de lier la sélection musicale à cette thématique : la période couverte était beaucoup plus longue, des années 1950 à 2025, et aucune pièce musicale ne portait sur Montréal, ni sur la pyrotechnie.


Il fallait aussi avoir obtenu de l’information contextuelle ou manifester un degré d’attention soutenu pour remarquer la lettre « M » (une référence à Montréal) intégrée aux bombes produisant des visages souriants, ou l’ « arbre » constitué de comètes lancées en angle accompagnées au-dessus par de larges crossettes vertes (des bombes dont les étoiles se fragmentent, élargissant et densifiant le déploiement à la manière d’un feuillu) sur « You Raise Me Up ». Cela dit, d’une manière générale, le rythme du déploiement pyrotechnique se combinait bien à la bande sonore et la synchronisation était excellente, avec un degré de précision particulièrement élevé sur « Eye of the Tiger » et l’interprétation instrumentale de « We Will Rock You », deux titres qui se prêtent bien à ce type d’exercice.


Le critère de la conception technique est celui sur lequel l’entreprise chinoise a probablement le mieux réussi. Aucun problème de mise à feu n’a été perceptible. En dépit des vents d’ouest qui soufflaient vers les gradins, le déploiement pyrotechnique semblait déborder de chacune des deux extrémités de la zone de tir (ce qui n’est probablement pas étranger à un petit incendie qui a éclos près du manège Ednor, vraisemblablement dans des végétaux). Il y a eu une forte densité de produits, accentuée par l’ « infinité d’étincelles » (voilà peut-être la raison du titre!) produites par les comètes très denses, les tourbillons, les queues de cheval et autres bombes aux retombées longtemps incandescentes. En revanche, il a résulté de cette densité des tableaux à la géométrie moins découpée que, par exemple, dans le feu italien. Quelques bombes de plus grand diamètre auraient constitué un bel ajout à certains moments stratégiques, de même que des produits nautiques, absents de ce spectacle. D’ailleurs, certains types d’effets pyrotechniques ont été particulièrement récurrents et la variété du matériel paraissait un peu plus restreinte que dans les spectacles précédents.


Ce troisième feu en compétition confirme une durée stricte de 25 minutes pour le déploiement pyrotechnique, après soustraction des deux segments narratifs sans musique et durant lesquels il n’y a eu qu’une présence pyrotechnique minimale. La présentation de lasers a de nouveau eu une durée précise de deux minutes, occupant la totalité du segment sur la musique d’ « Horizon ». Ce volet, toujours assuré par une même entreprise externe, n’est pas pris en compte par le jury.


Alors que Sunny International est l’un des deux concurrents de la saison 2026 à avoir déjà atteint la plus haute marche du podium, l’autre est Royal Pyrotechnie, une entreprise québécoise couronnée d’un Jupiter d’or à chacune de ses trois participations. En outre, selon le plus récent dénombrement des feux mis de l’avant par La Ronde au cours des derniers mois (345 au terme de la saison 2025, ce qui inclut maintenant le feu de préouverture de 2022), celui du Canada serait le 350e dans l’histoire du concours. Si les organisateurs ont bien souligné les 100e et 200e feux, ils ont passé sous silence les 250e et 300e. En cette saison anniversaire, ce palier remarquable sera-t-il célébré?


Frédérick Bastien

*                                 est un média d’informations indépendant, qui n’a aucune affiliation avec Six Flags / L'IFLQ / La Ronde

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